Quand je serai grand, je me marierai avec toi!

Le complexe d’Œdipe, une étape importante dans le développement de l’enfant

Le complexe d’Œdipe se caractérise par l’attachement excessif de l’enfant envers son parent de sexe opposé et par de l’hostilité dirigée vers son parent de même sexe. Pour les petites filles, on utilise aussi le terme de complexe d’Electre. Phase importante du développement, le complexe d’Œdipe permet à l’enfant de construire sa personnalité et son identité sexuelle, notamment par la compréhension de l’interdit de l’inceste et de la place qu’il occupe en société, essentiels pour assumer sa féminité ou sa masculinité.

Pour en savoir plus sur le développement sexuel de l’enfant, nous vous proposons une formation destinée aux éducateurs en service de garde et aux parents : La sexualité des 0-6 ans 

 

Comment se manifeste le complexe d’Œdipe?

Le complexe d’Œdipe se manifeste entre l’âge de et sept ans.

Vers 2 à 3 ans, l’enfant devient plus possessif envers son parent de sexe opposé et cherche à attirer son attention. Durant cette phase, l’enfant ressent également des sentiments contradictoires envers le parent du même sexe : il le voit comme un rival, tout en l’aimant beaucoup. La petite fille désire être comme sa mère : habile, intelligente, jolie et… l’amoureuse de son père. De son côté, le petit garçon admire son père et le considère comme un modèle, mais voudrait tout de même le voir disparaître pour mieux prendre sa place dans le cœur de sa mère. Il demande plus de câlins et fait du charme pour plaire et attirer son attention. Il ne tolère pas les marques d’affection que se donnent ses parents et peut aussi chercher à entrer dans leur intimité sexuelle en pénétrant sans frapper dans leur chambre ou en cherchant à les séparer en s’asseyant entre eux, par exemple.

Entre 3 et 5 ans, l’enfant voit son parent de même sexe comme un rival. Il enfant éprouve des sentiments contradictoires envers le parent du même sexe : il le voit comme un adversaire, tout en l’aimant beaucoup. La petite fille veut être comme sa mère : habile, intelligente, jolie et… l’amoureuse de son père. De son côté, le petit garçon voit son père comme un modèle, mais voudrait tout de même le voir disparaître pour mieux prendre sa place dans le cœur de sa mère. Comme il ne réussit pas dans ses manœuvres de séduction et incapable de mettre des mots sur ce qu’il ressent, il devient contrarié. Sa frustration s’exprime alors par des colères, des crises de pleurs et des cauchemars. Il exige de recevoir des soins de la part du parent qu’il convoite et confronte l’autre parent (le petit garçon qui refuse d’être aidé par son papa pour mettre ses chaussures, par exemple).

Entre 5 et 7 ans, l’enfant renonce graduellement à prendre la place du parent de même sexe. Il adopte des comportements similaires à celui qui était auparavant son rival et accepte de faire des activités avec lui. Il comprend que sa place est celle de l’enfant et qu’il fait partie de la famille et non du couple formé par ses parents. Que papa aime maman et qu’il n’a pas à s’interposer entre eux. L’hostilité envers le parent rival se transforme alors en admiration. L’enfant se tourne alors vers d’autres enfants pour adopter les comportements masculins ou féminins. C’est la fin de son complexe d’Œdipe. Normalement à 7 ans, tout est revenu dans l’ordre.

 

Comment réagir?

Pendant cette étape tout à fait normale, mais parfois difficile, une attention soutenue des parents est requise. Il faut expliquer à l’enfant la place et le rôle qu’il occupe dans la famille. L’enfant qui veut se marier avec son parent ou qui demande l’exclusivité doit comprendre qu’il ne peut prendre la place de l’amoureux auprès du parent et qu’il pourra avoir une relation amoureuse quand il sera grand. De cette façon, il reçoit deux messages clairs :

  • S’il ne peut adopter un comportement amoureux avec son parent, son parent non plus ne peut poser envers lui des gestes réservés aux amoureux. C’est ce qu’on appelle « l’interdit de l’inceste ».
  • Il apprend aussi que les relations amoureuses, c’est pour plus tard. « Faire l’amour c’est comme conduire une voiture, on le fait quand on est grand » !

 

Voici quelques pistes d’intervention :

  • Tracez des limites claires : « Oui, je peux venir te faire un câlin dans ton lit, mais non, je ne peux pas dormir avec toi. Je dors avec maman ».
  • Ne riez pas de ses tentatives de séduction et ne le laissez pas croire qu’elles fonctionnent. Cela pourrait l’encouragerait à poursuivre et pourrait l’empêcher d’aller vers les autres.
  • N’utilisez pas un vocabulaire réservé aux amoureux avec l’enfant. Par exemple, si un des parents est absent pour souper, évitez de lui dire : « On va manger en amoureux ». Dites-lui plutôt : « On va manger en tête à tête ».
  • Si l’enfant tente de vous séparer ou se fâche en vous voyant vous embrasser, expliquez-lui qu’il est normal d’échanger des preuves d’affection, car vous êtes des amoureux.
  • Encouragez les activités père-fils et mère-fille, pour aider l’enfant à s’identifier au parent de même sexe.
  • Rassurez l’enfant en lui disant que vous êtes fier de le voir grandir. Dites-lui qu’il aura lui aussi un amoureux ou une amoureuse plus tard.
  • Évitez de vous montrer jaloux de ne pas recevoir l’attention réservée à l’autre parent. Ne vous remettez pas inutilement en question. L’enfant aime ses deux parents également, même s’il vous voit parfois comme un rival.
  • Ne prenez pas l’enfant à témoin en cas de conflit. Si papa doit dormir sur le sofa, l’enfant ne doit pas sentir que c’est sa faute…
  • Si l’enfant dirige son agressivité vers vous, tentez de continuer comme si de rien n’était. Si au contraire vous êtes l’objet de sa préférence, saisissez des occasions pour mettre l’autre parent en valeur. Par exemple : Si l’enfant dit que vos crêpes sont les meilleures, vous pourriez lui dire que l’autre parent, en revanche, fait les plus beaux bonhommes de neige.
  • Répétez souvent à l’enfant que vous l’aimez, et que votre cœur est assez grand pour toute la famille.
  • Respectez l’intimité de l’enfant (porte de la salle de bain fermée pendant la toilette, besoin de parler seul à seul avec le parent, ne pas se promener nu devant l’enfant), et faites aussi respecter la vôtre (ne pas répondre aux questions sur la sexualité des parents, expliquer à l’enfant qu’il ne peut voir ou toucher les seins ou les parties génitales de son parent, porte de la chambre des parents fermée au moment du coucher).

 

En terminant, se rappeler que le complexe d’Œdipe est une étape normale qui se résorbera avec le temps. Si vous êtes inquiet face aux réactions et comportements de l’enfant, des ressources sont disponibles pour vous :

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